Retour à l’accueil Société Un documentaire sur « l'envers du décor » des femmes au foyer * Partager sur Messenger * Partager sur Facebook -- INTERVIEW La réalisatrice Michèle Dominici présentera jeudi au Festival international du film d’Histoire de Pessac (Gironde) son documentaire « L’histoire oubliée des femmes au foyer » -- * (BUTTON) Sauvegarder l'article Extrait du documentaire "L'Histoire oubliée des femmes au foyer", de Michèle Dominici Extrait du documentaire "L'Histoire oubliée des femmes au foyer", de Michèle Dominici — M.Dominici * Michèle Dominici signe un documentaire à la fois éclairant et poignant sur le quotidien des femmes au foyer dans la France de l’Après-Guerre. * Le contraste est saisissant entre les publicités de l’époque -- de déception et d’isolement. * A l’aube des années 1970, le mouvement féministe va commencer à remettre en cause la condition de la femme au foyer. C’est une histoire qui n’a été que rarement racontée… Le long des -- foyer, dans la France de l’Après-Guerre. Loin des clichés des publicités de l'époque montrant des femmes épanouies, le documentaire L’histoire oubliée des femmes au foyer, présenté jeudi en avant-première au Festival international du film d'Histoire de Pessac, nous plonge dans la détresse de ces femmes renvoyées au statut de « -- Votre film est un documentaire sur une époque, mais il raconte aussi, au travers de témoignages poignants, l’intimité de ces femmes au foyer laissées pour compte. L’idée était-elle de les réhabiliter ? -- Votre film se concentre sur l’Après-Guerre, mais vous dites que l’histoire des femmes au foyer démarre au XIXe siècle… La notion de femme au foyer a émergé avec la Révolution industrielle. Avant, tout le monde travaillait pour nourrir la famille, mais le gain en productivité rebat les cartes. L’autre facteur a été l’émergence des classes moyennes et des métiers intermédiaires (clercs, ingénieurs, cadres…), au sein desquelles monsieur pouvait entretenir madame à la maison, ce qu’un ouvrier ne pouvait pas faire. La femme au foyer, c’est un personnage de la classe moyenne. -- Avant les guerres du XXe siècle, le phénomène n'est pas encore massif, et les premières femmes au foyer sont pour la plupart productives : elles fabriquent le linge de maison, les produits d’entretien, elles ont un potager… Après guerre, elles deviennent consommatrices, et même consommatrices en chef. Elles sont le pivot de cette nouvelle ère de la consommation. On vend alors aux femmes le modèle de la femme au foyer, comme le modèle à suivre pour devenir une femme heureuse. La série américaine Mad Men le montre très justement. -- évoquant leurs « déceptions » et leur sentiment « d’enfermement »… Les premières étapes de leur vie de femme au foyer sont très heureuses, elles sont enthousiastes à l’idée de fonder une famille, d'emménager. Et graduellement, elles mesurent la distance qui existe entre leur vie -- de la situation dans laquelle elles avaient été mises. Au plus haut du phénomène, combien recensait-on de femmes au foyer en France ? A la fin des années 1950, il y avait 12 millions de femmes au foyer, pour 45 millions d’habitants. C’était la norme. -- inconscients : « Est-ce que je suis une bonne maman ? » « Est-ce que je suis une bonne hôtesse dans la maison ? » Je voulais m’adresser aux jeunes femmes d’aujourd’hui, qui aspirent à devenir femmes au foyer : il y en a - et je ne les juge pas, ce n’est pas mon rôle - mais je voulais leur montrer l’envers d’un décor. -- Petit à petit, la condition de la femme s’améliore quand même, avec le droit de vote puis la permission d’ouvrir un compte bancaire sans l’autorisation de son conjoint, en 1965. La femme au foyer ne disparaît pas, mais y a-t-il une date, ou un événement, qui marque la fin du phénomène de masse ? -- Quand elles arrivent à la quarantaine, d’autres statuts de femme idéale émergent. La femme au foyer devient ringarde, à un moment où les enfants s’en vont, où le mariage s’use… Et elles ont été tellement exclues du domaine public que le pas à franchir, pour ne serait-ce que -- vécu cela de manière très violente, et solitaire. L’histoire oubliée des femmes au foyer de Michèle Dominici, 52 minutes, sera présenté jeudi 18 novembre à 15 heures au cinéma Jean Eustache de Pessac, en présence de la réalisatrice, dans le cadre du Festival